Une carte glissée sous l’essuie-glace promet le retour de l’être aimé en sept jours, « paiement après résultat ». Un site aligne des dizaines d’avis cinq étoiles, tous rédigés dans le même français hésitant. Au téléphone, une voix pressée vous annonce qu’un « travail » très lourd pèse sur vous et qu’il faut agir avant la fin de la semaine. Plusieurs des personnes qui viennent me voir ont croisé l’un de ces visages auparavant ; certaines y ont laissé beaucoup d’argent, et plus encore de confiance. Voici les neuf repères que je donnerais à un proche pour distinguer un marabout sérieux d’un charlatan, les signaux qui doivent vous faire raccrocher, et les démarches à suivre si le mal est déjà fait.
L’essentiel en bref
- Un marabout sérieux annonce son tarif avant de commencer et n’ajoute aucun « travail » sans votre accord.
- Résultat garanti, délai express, discours de peur : chacun de ces signes suffit pour partir.
- Un praticien honnête respecte la médecine, refuse de nuire à autrui et ne prétend forcer la volonté de personne.
- Coupons PCS, Transcash ou cartes cadeaux réclamés au téléphone : c’est une escroquerie, raccrochez.
- Victime ? Gardez les preuves, portez plainte et appelez Info Escroqueries au 0 805 805 817 (appel gratuit).
Avant de payer : le prix, la promesse et le ton
1. Un tarif connu avant de commencer
Un praticien sérieux vous indique le prix d’une consultation avant qu’elle ne débute, et ce que ce prix comprend : la durée, la lecture, les conseils, l’éventuel suivi. Vous devez pouvoir poser la question sans gêne et obtenir une réponse nette, par écrit si vous le souhaitez. Méfiez-vous du « on verra selon votre cas » qui ne se précise jamais, comme de la séance offerte qui sert surtout à annoncer une facture bien plus lourde.
2. Aucun résultat garanti, aucun délai miracle
« Retour de l’être aimé en 48 heures », « réussite assurée » : personne ne peut tenir ce genre d’engagement, parce qu’un sentiment, une embauche ou un examen dépendent d’autres personnes et de mille circonstances. Ce qu’on peut vous offrir honnêtement, c’est un regard clair, des gestes à accomplir et un accompagnement dans la durée. Celui qui vous garantit le résultat dès le premier appel vous a déjà menti une fois.
3. Aucun discours de peur
Un marabout digne de ce nom ne vous annonce pas une malédiction dans les cinq premières minutes. Il ne vous parle ni de mort, ni de maladie qui menacerait vos enfants, ni d’un « travail » qui s’aggraverait si vous n’agissiez pas ce soir. La peur est l’outil préféré de l’escroc : elle court-circuite la réflexion et fait sortir la carte bancaire. Une consultation sérieuse vous laisse plus calme qu’à votre arrivée, même quand la situation est difficile.
Pendant l’accompagnement : ce qu’un praticien honnête s’interdit
4. Pas de « travaux » supplémentaires en cascade
Le scénario se répète d’une victime à l’autre : un premier rituel, puis un « blocage » imprévu, puis du « matériel » coûteux à financer, puis une « entité » plus forte qu’annoncé, qui réclame un nouveau versement. Chez un praticien sérieux, ce qui est proposé l’est dès le départ, avec son coût, et rien ne s’ajoute sans votre accord explicite. Si chaque étape en appelle une autre, plus chère, ce n’est pas votre situation qui s’aggrave : c’est le piège qui se referme.
Encore un dernier versement, et tout sera réglé.
La phrase qui revient dans presque tous les récits d'escroquerie
5. Le respect de la médecine
Fatigue qui dure, douleurs, insomnies, désir d’enfant qui ne se réalise pas, tristesse qui ne passe plus : ce sont d’abord des raisons de consulter un médecin, un psychologue ou un psychiatre. L’accompagnement spirituel peut venir à côté, pour apaiser et soutenir, jamais à la place. Fuyez quiconque vous conseille d’interrompre un traitement ou prétend guérir une maladie.
6. Le refus de nuire à autrui
Rendre quelqu’un malade, séparer un couple, se venger d’un associé : un marabout sérieux refuse ces demandes, sans discuter. Ce n’est pas seulement une affaire de morale. Celui qui accepte de nuire à un autre pour votre compte n’aura aucun scrupule à se retourner contre vous, le jour où cela l’arrangera.
Votre liberté, votre intimité, sa réputation : les trois derniers repères
7. Le respect du libre arbitre
Nul ne peut contraindre quelqu’un à aimer, à revenir ou à rester, et celui qui prétend lier une personne à vous par un rituel vend une illusion. Le travail honnête porte sur vous : votre apaisement, votre manière de communiquer, ce qui vous retient. C’est tout le sens de ma façon d’aborder le retour affectif : on agit sur votre part du lien, et l’on respecte la liberté de l’autre.
8. Une confidentialité sans faille
Ce que vous confiez en consultation reste entre vous et le praticien. Personne n’a à exiger la copie de vos papiers, vos codes bancaires ou des photos intimes, et rien ne justifie qu’on menace un jour de révéler ce que vous avez raconté. Un tel chantage, à lui seul, signe l’escroquerie.
9. Des coordonnées et des avis qui se vérifient
Un nom, un numéro qui ne change pas tous les trois mois, une ville d’exercice, des mentions légales sur le site : ce sont les traces d’une activité qui assume ce qu’elle fait. Côté avis, une avalanche de commentaires élogieux publiés la même semaine doit vous mettre en garde ; des retours nuancés, étalés dans le temps, rassurent davantage. Ce regard vaut pour tout le monde, y compris pour les témoignages publiés sur ce site.
Les signaux d’alarme qui doivent vous faire raccrocher
Certains comportements ne relèvent plus du doute mais de l’escroquerie. Un seul suffit pour mettre fin à l’échange, même si votre interlocuteur vous a paru convaincant jusque-là.
- Un règlement par coupons, recharges prépayées ou cartes cadeaux : on vous demande d’acheter des recharges PCS ou Transcash, ou des cartes cadeaux, chez le buraliste ou au supermarché, puis de dicter les codes au téléphone ou de les envoyer en photo. Ces paiements sont presque impossibles à retracer, et c’est précisément pour cela qu’on vous les réclame.
- Un numéro surtaxé : la consultation passe par une ligne facturée à la minute, où l’on s’efforce de vous garder le plus longtemps possible.
- La pression pour payer vite : « dernier délai ce soir », « le rituel doit commencer demain », « après, il sera trop tard ».
- Les menaces : le « travail » se retournerait contre vous si vous arrêtiez, un malheur frapperait vos proches, ou l’on parle de révéler vos confidences à votre entourage.
Vous avez été victime : les démarches pour vous défendre
La honte est la meilleure alliée des escrocs : elle fait taire les victimes et leur laisse le champ libre. Ce qui vous est arrivé ne tient pas à de la naïveté. Des gens dont c’est le métier ont profité d’un moment de fragilité, et la loi est de votre côté. Voici dans quel ordre agir.
- Arrêtez tout paiement, même si l’on vous menace de conséquences terribles ou si l’on vous propose d’« annuler le travail » contre un dernier versement.
- Conservez toutes les preuves : SMS, conversations WhatsApp, courriels, journal d’appels, tickets et codes des coupons, relevés bancaires, captures d’écran du site, de l’annonce ou du profil, carte de visite.
- Prévenez votre banque sans attendre si vous avez payé par carte ou par virement.
- Portez plainte au commissariat ou à la gendarmerie, avec ces éléments : l’escroquerie et l’abus de faiblesse sont des délits. Pour certaines escroqueries commises sur Internet, une plainte en ligne est aussi possible.
- Appelez Info Escroqueries au 0 805 805 817 (appel gratuit) : cette plateforme officielle vous informe sur vos droits et vous oriente dans vos démarches.
- Signalez le site, l’annonce ou le profil sur internet-signalement.gouv.fr, le portail officiel de signalement des contenus illicites en ligne.
Ce que vous êtes en droit d’attendre de moi
Marabout africain formé auprès des anciens, je m’applique ces neuf repères avant de vous inviter à les appliquer aux autres. Que vous me consultiez à mon cabinet du Kremlin-Bicêtre, à Limoges ou à distance, pour une simple voyance ou pour un travail de protection, vous connaissez le tarif et le déroulement avant de vous engager. Je vous dis quand votre demande relève d’un médecin ou d’un avocat plutôt que de moi, je décline celles qui visent à nuire, et je ne reçois que des personnes majeures.
Si votre inquiétude porte sur un possible sort, lisez d’abord les signes d’envoûtement qui doivent vraiment alerter : bien des peurs s’y apaisent. Pour le reste, vous pouvez lire ce qui fonde ma démarche, puis m’écrire par le formulaire de contact en posant toutes les questions qui vous rassurent. Un marabout sérieux n’a aucune raison de s’en offusquer.
Questions fréquentes
Un marabout peut-il se faire payer « après résultat » ?
Cette formule, très répandue sur les cartes de visite, sert surtout d’hameçon : on vous réclame bientôt des « frais de matériel », de bougies ou de déplacement, à régler d’avance. Une consultation est un temps de travail, rémunéré comme tel, à un tarif connu à l’avance. Ce qu’aucun praticien honnête ne peut vous vendre, c’est un résultat.
Comment vérifier les avis sur un marabout ou un voyant ?
Croisez plusieurs sources (fiche d’établissement, bouche-à-oreille, forums), regardez la date et le ton des commentaires, et observez la façon dont le praticien répond aux critiques. Bon signe : des avis qui racontent un accompagnement plutôt qu’un miracle, avec des détails que seul un vrai client pourrait connaître.
J’ai payé en coupons PCS ou Transcash : puis-je récupérer mon argent ?
C’est difficile, car l’escroc utilise généralement les codes très rapidement. Agissez tout de même : gardez les tickets et les codes, portez plainte et appelez Info Escroqueries au 0 805 805 817. Votre plainte peut aussi aider les enquêteurs à remonter jusqu’à un réseau qui fait d’autres victimes.
L’auteur
Professeur Walid
Marabout africain, voyant et guide spirituel, héritier de la tradition des marabouts d’Afrique de l’Ouest. Il consulte au Kremlin-Bicêtre, à Limoges et à distance. Découvrir son parcours






