Il est minuit passé, le sommeil ne vient pas, et les mêmes questions tournent en boucle : va-t-il rappeler, faut-il accepter ce poste, pourquoi rien n’avance ? On tape « voyance gratuite » sur son téléphone, et les offres s’empilent : premières minutes offertes, question par mail sans débourser un centime, tirage de tarot en un clic, consultation « sans CB ». Aucune honte à avoir cliqué : quand l’inquiétude serre la gorge, on veut une réponse tout de suite, et sans se ruiner. Mais chacune de ces formules a son modèle économique, qu’il vaut mieux connaître avant de confier son histoire. Je vous explique ici comment fonctionne la voyance gratuite en ligne, par téléphone, par tchat ou par mail, pourquoi une consultation sérieuse a un coût annoncé d’avance, et ce que vous pouvez obtenir gratuitement, en toute légitimité, avant de vous engager.
L’essentiel en bref
- La voyance « gratuite » désigne le plus souvent un début : minutes offertes, premier tirage ou première réponse, avant une facturation à la minute ou une relance payante.
- « Sans CB » ne veut pas dire sans payer : l’appel ou le SMS surtaxé se retrouve sur votre facture de téléphone.
- Avant de confier votre carte ou vos coordonnées, lisez les conditions : abonnement, renouvellement, partage de vos données.
- Une consultation sérieuse a un prix annoncé avant la séance ; ce qui peut légitimement être gratuit, c’est le premier échange pour exposer votre demande et connaître ce prix.
- Un prix caché ou un abonnement imposé se signale sur SignalConso ; en cas de menaces ou de coupons réclamés, appelez le 0 805 805 817, la ligne gratuite d’Info Escroqueries.
Minutes offertes et numéros surtaxés : quand votre temps devient le produit
Les minutes offertes, puis le compteur
C’est la formule que l’on croise le plus souvent : les premières minutes sont offertes, la suite est facturée à la minute. Il faut d’ordinaire enregistrer une carte bancaire, une formalité parfois présentée comme une simple vérification. Or ces minutes filent : vous vous présentez, vous résumez la situation, et la lecture commence à peine quand le compteur se met en marche. Chaque silence, chaque « je mélange les cartes » se paie alors. Ce n’est pas forcément de la mauvaise foi, car une lecture demande du temps ; mais quand ce temps se facture sans total annoncé, c’est vous qui portez tout le risque.
« Sans CB » ne veut pas dire sans payer
Les offres « sans carte bancaire » font payer autrement : par un numéro surtaxé, comme ceux qui commencent par 089, ou par des SMS facturés au-delà du tarif normal. Le montant s’ajoute à votre facture de téléphone et ne se découvre qu’à sa réception, quand l’appel est déjà loin. Le prix de ces services doit être indiqué, en principe à côté du numéro et souvent en petits caractères : lisez-le, et faites le calcul pour une conversation réaliste. Une demi-heure passe vite quand on raconte une rupture.
Le tchat et ses crédits
Le tchat reprend la même logique : quelques messages offerts, puis des crédits à acheter, décomptés à la minute ou au message. Écrire prend plus de temps que parler, si bien qu’au tarif minute vous payez aussi l’attente de chaque réponse. Sur un écran, enfin, vous ne savez pas toujours qui vous répond, ni combien de conversations cette personne mène en même temps.
Tirages automatiques et réponses par mail : l’art de vous laisser sur votre faim
Le tirage en un clic
Tarot de l’amour, oracle du jour, tirage « oui ou non » : sur bien des sites, un programme choisit des cartes au hasard et affiche des textes écrits d’avance, conçus pour que chacun s’y reconnaisse, du genre « quelqu’un pense à vous plus que vous ne le croyez ». Deux ou trois écrans plus loin, un bouton propose « l’interprétation complète » par un voyant, au téléphone ou contre un paiement en ligne. Je n’ai rien contre le jeu, tant qu’il reste un jeu. Le danger commence quand on prend ces lignes pour un message personnel et qu’on décide d’une rupture sur leur foi. Une lecture de cauris commence par une prière et par votre question, formulée avec vous : elle ne se génère pas en un clic.
La question « gratuite » par mail
Vous envoyez votre question, accompagnée de votre prénom et de votre date de naissance. Quelques jours plus tard arrive une longue lettre où votre prénom revient de ligne en ligne : elle évoque une période charnière, une chance à saisir, puis s’arrête au moment crucial.
J’ai perçu dans votre avenir un événement d’une grande importance, mais je ne peux pas tout vous révéler dans ce premier message.
Formule type d'une réponse « gratuite » reçue par mail
Pour la suite, il faut commander une « étude complète ». Viennent les relances : une offre qui « expire ce soir », une ombre qui planerait sur votre chance, un talisman pour l’écarter. Un indice ne trompe guère : si la lettre pouvait convenir à n’importe qui une fois le prénom changé, c’est qu’elle a été écrite pour tout le monde.
Ce que vous laissez en échange : votre carte, vos coordonnées, votre inquiétude
Une offre gratuite se rémunère autrement. Le formulaire à remplir réclame volontiers votre prénom, votre date de naissance, votre e-mail, votre téléphone, parfois des renseignements sur la personne aimée, et surtout la question qui vous empêche de dormir : de quoi vous adresser ensuite des offres taillées sur mesure.
- L’abonnement glissé dans les conditions : une séance offerte contre l’enregistrement de votre carte, puis un forfait qui se renouvelle chaque mois tant que vous ne l’avez pas résilié, et qui apparaît parfois sur votre relevé sous un libellé discret, présenté comme un gage de confidentialité.
- Les cases cochées d’avance, qui autorisent l’envoi d’offres ou le partage de vos coordonnées avec des « partenaires ». Une case pré-cochée ne vaut pas consentement ; vous pouvez retirer votre accord et demander l’effacement de vos données.
- Les relances ciblées : une question sur une séparation peut vous valoir des semaines de messages « urgents » sur la personne qui est partie.
Pourquoi une consultation sérieuse a un prix, connu avant de commencer
Autant être clair : mes consultations sont payantes. Une séance demande du temps. Il faut vous écouter, aider à préciser la question, prier avant de jeter les cauris, lire, expliquer ce qui se dessine et la part qui dépend de vous, puis vous laisser des conseils, parfois des consignes écrites pour un geste à faire chez vous. C’est un travail, et il est normal qu’il soit rémunéré.
La vraie question n’est donc pas de savoir si c’est gratuit, mais ce qui vous protège. Un prix fixé pour une séance définie aligne nos intérêts : je n’ai aucune raison de faire durer l’échange, de vous inquiéter ni de vous presser de revenir. Quand chaque minute et chaque relance rapportent, la pente va dans l’autre sens. Il ne s’agit pas de morale individuelle : il existe des voyants honnêtes sur ces plateformes, et des personnes qui y trouvent une écoute sincère. C’est le modèle qui pose problème, et c’est à vous de garder la main sur le compteur.
Ce modèle a un autre coût, moins visible : l’habitude. Si vous appelez tous les soirs, ou dépensez plus que vous ne le pouvez, ce n’est plus un nouveau voyant qu’il faut chercher : parlez-en à un psychologue ou à votre médecin traitant. Et si des idées noires s’invitent, le 3114 répond à toute heure, sans frais.
Ma règle : tout est dit avant la séance, rien ne s’ajoute après
Que la séance se tienne à Limoges, au Kremlin-Bicêtre ou à distance, les règles ne changent pas. Elles découlent de mes engagements, et vous êtes en droit de les exiger :
- Le tarif, la durée et le moyen de paiement sont annoncés avant la séance, et confirmés par écrit sur simple demande. Vous acceptez ou vous renoncez, sans avoir à vous justifier.
- Ni compteur ni prélèvement surprise : vous réglez le prix convenu, rien de plus, et aucun « travail » ne vient s’y greffer sans votre accord.
- Ni coupons, ni cartes prépayées, ni cartes cadeaux, et aucun numéro surtaxé.
- Vos coordonnées servent à vous répondre, rien d’autre : je ne les vends ni ne les cède à personne.
Avant de payer, et si c’est déjà fait : les bons réflexes
Six vérifications avant de vous lancer
- Demandez le prix total, pas seulement celui de départ ; face à un tarif à la minute, multipliez-le par une durée réaliste.
- Vérifiez qui est derrière l’offre : un nom, une ville, des mentions légales qui disent qui édite le site.
- Lisez les conditions jusqu’au bout, et décochez ce qui ne vous convient pas.
- Donnez le minimum : pour une lecture de cauris, je n’ai besoin que de votre prénom et de votre question.
- Fixez-vous une limite de durée et de budget avant d’appeler.
- Arrêtez tout si l’on cherche à vous faire peur. Une lecture « offerte » qui conclut à un sort, puis propose de le lever contre paiement, joue sur votre angoisse ; les vrais signes d’un envoûtement sont bien plus rares qu’on ne vous le dit.
Si vous avez déjà payé plus que prévu
Résiliez par écrit l’abonnement éventuel, en gardant une copie, et rassemblez les preuves : captures de l’offre et des conditions, e-mails, relevés bancaires, facture de téléphone détaillée. Votre banque vous dira comment faire cesser les prélèvements que vous n’avez pas voulus. Un prix caché ou un abonnement non annoncé se signale sur SignalConso, la plateforme publique de la répression des fraudes (DGCCRF). Menaces, coupons réclamés : là, c’est une escroquerie. Le 0 805 805 817, ligne gratuite d’Info Escroqueries, vous oriente, et mon article sur les charlatans détaille les démarches.
Et si vous cherchez simplement un regard posé sur votre situation, écrivez-moi : vous saurez d’emblée quelle forme prendrait la consultation, sa durée et son prix.
Questions fréquentes
La voyance gratuite existe-t-elle vraiment ?
Certaines offres sont réellement gratuites au départ : quelques minutes, un tirage, une première réponse. Elles servent à vous amener vers une suite payante, ce qui n’a rien de scandaleux si le prix de cette suite est annoncé clairement. Une consultation complète, menée par une personne qui vous consacre du temps, a un coût. Ce que vous pouvez obtenir sans payer, en revanche, c’est un premier échange pour exposer votre demande et connaître les modalités avant de décider.
Que signifie « voyance sans CB » ?
Que vous ne payez pas par carte bancaire, et non que vous ne payez pas. Le coût passe par un numéro surtaxé ou par des SMS facturés au-delà du tarif normal, et il s’ajoute à votre facture de téléphone. Lisez le tarif affiché près du numéro avant d’appeler, et estimez ce que coûtera une conversation complète, pas seulement la première minute.
Comment arrêter les relances d’un site de voyance ?
Utilisez le lien de désinscription en bas des messages, puis écrivez au site pour retirer votre accord et demander l’effacement de vos données. Si une carte a été enregistrée, résiliez tout abonnement par écrit et prévenez votre banque. Gardez une trace de chaque démarche ; si les prélèvements ou les messages continuent, signalez le site sur SignalConso.
L’auteur
Professeur Walid
Marabout africain, voyant et guide spirituel, héritier de la tradition des marabouts d’Afrique de l’Ouest. Il consulte au Kremlin-Bicêtre, à Limoges et à distance. Découvrir son parcours






